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Détruire le réflexe.

Une fois que le patient a compris que "finalement, je ne suis pas coupable de ce qui était arrivé", il faut qu'il lutte contre un très fort réflexe de culpabilisation qu'il a construit au fil des mois et des années (voir des décennies pour certaines personnes). Son cerveau a dit et répété plusieurs dizaines de fois par jour, en ce levant et jusqu'au soir : " Je suis coupable. "

Et ce n'est pas en ayant compris que "finalement il n'y avait pas de culpabilité" grâce à la réflexion, qu'il va pouvoir contrer ces milliers et ces milliers de fois où il s'est répété à tord "je suis coupable !" Alors comment guérir définitivement ?

En se répétant tous les jours en se levant, dans la journée, et le soir en se couchant : "finalement, je n'étais pas coupable de ce traumatisme".

Attention, ce n'est pas de la méthode Coué (répéter "je vais bien" pour que ça aille bien même si tout va mal), car tant que la patient n'est pas sûr et certain qu'il n'est effectivement pas coupable, répéter "je vais bien" ne sert pas à grand chose, surtout à long terme.

Il faut commencer par comprendre,

accepter cette nouvelle réalité,

puis reformater ses réflexes.

Guérit-on de ce réflexe ? Comment ne pas se dire "je n'étais pas coupable mais est-ce que je suis toujours pour autant innocent quand il m'arrive des problèmes ?"

Il faut bien préciser que "avoir des doutes" sur ses actions présentes ou à venir, n'a rien à voir avec un traumatisme exceptionnel : c'est la vie d'avoir des doutes et de se sentir coupables lorsqu'on l'est réellement. Alors plutôt que de "maîtriser la nourriture", il vaut mieux réparer quand on commet une erreur, ne plus avoir peur de communiquer et réparer une erreur ne se fait pas en disparaissant, mais en réparant réellement.

Une voiture en panne à cause d'une erreur dans le circuit électrique, on ne la répare pas en faisant disparaître le mécanicien ou la voiture !!! ;o)

Rester ZEN, et faire de son mieux quoi qu'il arrive, mais admettre que parfois, on n'y peut rien, ne pas se prendre pour ATLAS supportant le poids du monde !

Evidemment, tout ceci est face à dire, plus difficile à concrétiser dans la vie de tous les jours.
Mais difficile ne veut pas dire impossible, surtout que lorsqu'on a compris que l'on était malade, fait la démarche de comprendre ce qu'était l'anorexie, compris que le traumatisme était bien réel mais basé sur une erreur de jugement, qu'il n'y avait aucune responsabilité de la part du patient, et bien on a fait le plus gros de la démarche pour guérir ! :o) Courage !

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